Colonoscopie ?
Pourquoi pas ?
Tout un chacun, des deux sexes, peut être concerné, tôt ou tard ! Il est d’ailleurs conseillé de vérifier la chose à partir de 50 ans. « Tout homme bien portant est un malade qui s’ignore », et malade, il le sera certainement un jour.
Le monde est à l’envers : le Docteur n’est plus Docteur, mais Patient et cela fait une fameuse différence.
Couché dans un lit, vêtu – sous la couverture- d’une seule chemisette plus que légère, qui n’a rien d’affriolant et qui le laisse plus nu que nu, le docteur-patient devient dépendant : couché, à un niveau inférieur à tous les autres, il n’a plus rien à dire.
Le moindre candidat infirmier, dressé, le dominant de sa hauteur, a toute
autorité : lui faire des piqûres, prendre sa tension, plaquer froidement des
électrodes en gelée sur son thorax frileux encore tout chaud.
Dans l’indifférence de tous les êtres debout et responsables, heurtant les murs, les portes, il est véhiculé anonymement vers la salle d’opérations, tourné vers l’arrière, à contre sens, dans les couloirs de l’hôpital, voyant défiler, de bas en haut, toutes les références, indications, plaques des services et des confrères.
Dans cette situation misérable, combien n’apprécie-t’il pas un sourire, un mot gentil, une explication, un clin d’oeil !
Et pourtant, la colonoscopie n’est qu’un examen de routine, banal, sans grand risque, peu inquiétant !
Et pourtant, un « Docteur » doit être à l’aise dans toutes ces situations qui lui sont plus familières qu’à d’autres !
Vu d’un brancard, tout est très différent.
Les autres, c’est les autres, bien certainement.
Inverser son regard, se mettre à leur place, permettrait de mieux les rencontrer, les comprendre, les rendre un peu moins « autres ».
Jean GELIN.