Souvenirs, Souvenirs…
Nos jeunes sont en plein dedans… Etudiants, nous pensons à vous ! On a chanté « la mer », « la Montagne », « les bourgeons du printemps », « les fruits de l’automne », « le temps des amours », « le temps des cerises », mais …« la bloque » ?
Peu de professions ont des périodes de « bloque » aussi nombreuses que les médecins, au moins sept, souvent plus.
Périodes difficiles où l’étudiant veut qu’on lui « fiche la paix », qu’on ne le dérange sous aucun prétexte, des courses, de menus bricolages qu’on peut attendre de lui...
Périodes difficiles où le rythme de la vie est changé, où l’emploi du temps n’est plus réglé par les cours, les laboratoires, mais uniquement par le programme que s’est imposé l’étudiant : lever plus matinal, plages horaires pour répartir les matières, manger vite, parfois un peu d’exercice, coucher plus tardif.
Périodes réglées sur les livres, périodes d’isolement, de concentration dans « la matière », périodes de stress, périodes où l’on regrette de ne pas avoir travaillé plus les mois précédents.
Périodes d’inquiétude : « Est ce que je connais bien ce chapitre ? Est-ce que je ne vais pas être interrogé sur un autre ? Quels sont les « tuyaux », quelles sont les marottes du Professeur ? (Ils en ont tous !) ».
Périodes où l’on digère moins bien, où le sommeil est agité, périodes où certains maigrissent… et où d’autres grossissent !
Période aussi où les malheureux qui souffraient d’allergie aux pollens avant les antihistaminiques efficaces s’en allaient la bouche ouverte, le nez bouché et coulant, éternuant, les yeux brûlants, larmoyants, les oreilles bourdonnantes.
Et les examens alors ?
La file dans le couloir en attendant son tour, les nouvelles vraies ou fausses sur les matières à étudier, la porte de l’antre sacré !
Les questions à l’étudiant qui sort : « Qu’est ce qu’il t’a demandé ? Etait-ce juste ?
Qu’est-ce qu’il t’a dit ? Qu’est ce que tu penses ? Est-il sévère ? Est-ce qu’il donne les cotes ? »
Et puis il faut y aller, pénétrer dans le Sanctuaire-bureau du Professeur,
«alea jacta est »… c’est le singulier colloque.
Que ne fallait-il pas faire pour gagner ses vacances … et son diplôme ?
Jean GELIN.